CT du vendredi 6 novembre 2020

Déclaration intersyndicale CGT- FSU – FAFPT – FO – UNSA - CFDT

 

Monsieur le Président,

Nous voulons vous alerter sur la situation très difficile de nos 5 800 collègues des lycées et établissements scolaires. Si le maintien de l’ouverture des lycées reste essentiel pour la continuité éducative des jeunes (et donc le fonctionnement du service public), nous pensons que la période exige une meilleure coordination entre l’Education Nationale et la Région sur le fonctionnement des établissements scolaires. Il ne s’agit pas seulement de vous alerter sur des situations spécifiques de tension dans certains établissements (et que vous connaissez déjà), mais plus globalement sur la situation des établissements et des personnels de la région dans le contexte d’une crise sanitaire qui, si elle subit des fluctuations d’intensité, s’annonce malheureusement durable. Les annonces hier soir du ministre de l’Education nationale ne changent pas véritablement la problématique, car au-delà du fonctionnement partiel ré-envisagé dans certains lycées, il faudra nécessairement revenir à un moment ou à un autre dans un fonctionnement avec l’ensemble des effectifs et avec un protocole toujours aussi strict. Le conseil scientifique prévoit ainsi que l’épidémie nous accompagnera jusqu’à l’été, avec son cortège de mesures sanitaires et de protocoles contraignants. Nous pensons donc qu’il est du devoir de la Région de renforcer les effectifs de nos collègues le plus rapidement possible et sur l’ensemble de cette période à venir. Les contraintes du protocole sanitaire imposent une quantité de taches supplémentaires à nos collègues (désinfection des locaux plusieurs par jour, allongement des durée de service en restauration pour ne prendre que deux exemples), qu’ils ont de grandes difficultés à effectuer de  manière complète et efficace dans la volumétrie actuelle des équipes. Le calcul de ces renforts peut se faire en croisant l’outil de dotation et le protocole sanitaire, en mesurant l’augmentation des taches et donc l’équivalent en ETP que cela représente. Nous avons conscience que cette demande impose nécessairement un effort financier de la collectivité, mais cet effort est à mesurer au regard des conséquences qu’aurait une mauvaise application du protocole favorisant donc une circulation plus active du virus. A contrario de la première vague, la région Nouvelle-Aquitaine est très fortement impactée cet automne. Certaines collectivités comme le département de la Charente Maritime ont déjà activé ce levier. Nous pensons que la situation exige une réponse forte, par-delà l’urgence de situations particulières, une réponse qui permette véritablement d’envisager la continuité de  service public dans la continuité de l’année scolaire, une réponse à la hauteur des enjeux de santé publique.

Nous vous remercions par avance,